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Intégrer l’accessibilité dans une démarche qualité

Nicolas Catherin 21 avril 2011
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Pour succinctement situer le contexte : le W3café — accessibilité est l’occasion de parler d’accessibilité au rythme de quatre conférences et trois ateliers répartis sur une journée (ou presque). Cette initiative présente le double mérite d’être gratuite et de proposer une approche transversale du sujet.

La conférence, dont je vous propose le résumé, était co-menée par Delphine Malassingne (qualiticienne Web) et Sébastien Delorme (expert en accessibilité). Elle était également une très bonne illustration de l’ensemble de l’évènement.

L’accessibilité se définit en amont, s’exerce pendant et s’entretient !

Un exemple de Charte Graphique Avant tout, l’accessibilité doit répondre à un ou des objectifs définis d’après la problématique du projet. La définition de son niveau est donc contextuel. Vouloir à tout prix « être accessible » pour des raisons d’image ou de politique n’est en général pas voué à être pérenne. Sébastien l’illustre très bien lorsqu’il nous indique que les annonceurs faisant appel aux services de sa société s’enquièrent dorénavant d’une mise en place progressive et d’un maintient des bonnes pratiques dans le temps. Les mentalités ont donc l’air d’aller dans ce sens, réjouissons-nous.

La gestion en amont permet d’anticiper les choix techniques et fonctionnels ! Une accessibilité pensée en phase d’intégration ou de développement risque d’obliger un retour en design, ou pire en conception. Le projet prendra du retard, il coûtera plus cher et vous travaillerez avec une pression dont vous vous passeriez bien.

Une fois ces efforts réalisés, ils méritent d’être entretenus durant la vie du site Internet ou du service Web. Il est alors judicieux d’inciter annonceurs et contributeurs à écouter leurs internautes qui pourraient faire remonter des problèmes non perçus au cours de la réalisation.

Mise en place de l’accessibilité dans un processus de production

Il est difficile d’envisager l’accessibilité comme une étape à part entière d’un projet. Déléguer à une personne l’application de l’ensemble des critères bronze et argent [1] apparaît comme contre-productif :

  • d’une part parce que ces derniers concernent des métiers différents,
  • d’autre part car il devient délicat de déterminer à quel moment intercaler cette étape au cours du processus.

Répartir les tâches L’accessibilité doit être donc disséminée dans l’ensemble de la réalisation d’un projet. Elle doit s’adresser au bon interlocuteur au bon moment et s’inscrire ainsi dans une démarche qualité.

Pour faciliter l’application en continu des règles et bonnes pratiques, il est relativement simple de lister les critères spécifiques à chacun des métiers. Apprendre par cœur une liste de plusieurs centaines de recommandations est rébarbatif, non stimulant et donc improbable.

En revanche, une fois réparties en fiches métiers, ces listes deviennent tout à fait digestes pour un designer, un intégrateur ou un rédacteur. Celle-ci présentent aussi l’avantage de sensibiliser les individus. Le projet a tout à y gagner : il se déroule mieux et l’équipe monte en compétences très facilement. Tous devraient alors ressentir la satisfaction, le plaisir même, de participer à la conception d’un Web meilleur.

Ne reste qu’à assurer les rouages, la médiation, la bonne communication pour que se déroule sans anicroche cette part de la démarche qualité sur laquelle il peut s’avérer judicieux de capitaliser.

Notes sur l’accessibilité à l’intention des annonceurs

Au cours de la traditionnelle séance de questions/réponses, une interrogation a particulièrement retenue mon attention pour son pragmatisme : comment vendre l’accessibilité au delà de la question du handicap ?

Multiplication des supports L’accessibilité est avant tout une question d’accès à un service, à de l’information et ce, quelques soient les conditions dans lesquelles se trouve l’utilisateur. La multiplication des supports, l’évolution des usages issue de l’avènement de la mobilité, rendent particulièrement difficile de connaître le contexte dans lequel le site est vu et parcouru.


Un site accessible n’est pas uniquement un site pour les personnes souffrant d’un handicap, mais d’abord un site pour tous où l’accès à l’information est possible dans un maximum de situations : mobile, plein soleil, sans son…


Pour ces raisons, une bonne accessibilité participe d’une bonne expérience utilisateur, elle joue un rôle dans l’image positive que l’internaute se fait d’un service : ce qui l’amène souvent à revenir.

Elle est également très bénéfique pour le référencement naturel. Ce qui vous offre la possibilité d’économiser sur de coûteuses campagnes et d’investir ailleurs, éventuellement dans quelque chose de plus pérenne.

Enfin, considérant toutes les raisons précédemment citées, l’accessibilité vous rend visible par rapport à vos concurrents. Vous aurez alors le loisir de communiquer, de publier, de montrer votre réussite.

Quelques mots pour conclure

Cette présentation était donc une bonne introduction à la transversalité des problématiques d’accessibilité, que l’on retrouvait sur l’ensemble du cycle de conférences. Dès cette première participation, ce W3café m’a séduit et me suggère qu’à l’instar de l’UX [2], du design, du développement, de la méthodologie, etc., la qualité Web s’installe dans les mentalités de ceux qui font le Web. Gageons qu’à travers eux, l’ensemble des acteurs s’y montreront plus sensibles !


Pour en savoir plus :

[1] Les critères d’accessbilité du WCAG 2.0 sont classés en trois niveaux : bronze, argent et or ou A, AA et AAA. Ces niveaux témoignent de la difficulté d’appliquer les recommandations qui leur sont liés. Or ou AAA sont les degrés les plus complexes à atteindre.

[2] User eXpérience, soit la discipline consacrée à l’expérience des utilisateurs.